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Vers un euro numérique associé à une Blockchain ?

La « révolution Blockchain » pourrait changer les fondamentaux monétaires, et rebattre les cartes pour les acteurs financiers traditionnels. Avec les travaux de la BCE (Banque centrale européenne) sur la création d’un euro numérique, c’est véritablement une nouvelle cryptomonnaie « officielle », façon Ethereum, qui se profile. Le Groupe Talan, en collaboration avec Paris EUROPLACE, a pu faire le point sur ces évolutions lors d’une conférence digitale exceptionnelle « Monnaie Numérique, Tokenisation des actifs… : la Finance Digitale face à la Révolution Blockchain » le 19 mai. Extraits choisis.

Les montagnes russes que connaissent les cours du Bitcoin, de l’Ethereum et d’autres crypto-monnaies sont régulièrement à la Une de la presse. Au gré des Tweets de certains influenceurs – Elon Musk, fondateur de Tesla et Space X, en particulier – le Bitcoin a pu monter en flèche pour dévisser deux mois plus tard, emportant dans son sillage les divers tokens (monnaies) de la même famille. Les cryptomonnaies seraient-elles un investissement à sensations fortes ? Si l’on se contente d’un regard à court terme, probablement.

 

« 86% des Banques Centrales mènent des études ou expérimentations sur la monnaie numérique et la blockchain »

 

Face aux nouvelles cryptomonnaies stables... 

Il existe cependant un type de cryptomonnaie plus « calme ». A défaut de faire miroiter des gains mirobolants, il semble à l’abri de ces tempêtes suivies d’embellies et de rebonds divers. Nous avons ainsi vu apparaître ce que l’on appelle des « stable coins » comme l’USDT (Tether) ou le DAI. Il s’agit de cryptomonnaies adossées à des monnaies traditionnelles. Pour faire simple, 1 USDT = 1 dollar US et de même 1 DAI = 1 dollar US. 

Ces cryptomonnaies présentent des caractéristiques fortes : 

  • elles fonctionnent sur des bases similaires à Bitcoin ou Ethereum ;
  • dans le même temps, elles offrent une garantie de stabilité du fait qu’elles ont une correspondance avec une monnaie courante.

A titre d’exemple, Tether, la société qui gère l’USDT affirme qu’elle détient en réserve un montant en dollars dépassant très largement le nombre de tokens mis en circulation. Tether serait donc en mesure de garantir à tout moment que les actifs d’un internaute en USDT seront toujours échangeables contre leur équivalent en dollar.

Autant le dire, l’USDT, mais aussi le TSD de TrueCoin ou l’USDC de Coinbase qui sont pareillement adossés au dollar ont semé un vent de panique dans les Banques Centrales car comment ne pas voir là une intrusion frontale dans leur pré carré ?
 

« L’intérêt pour une cryptomonnaie utilisable dans la vie de tous les jours est fort »

 

... L’apparition de monnaies digitales de banques centrales

La question s’est posée de créer des MDBC (monnaies digitales de banque centrale). L’Europe pourrait créer une monnaie numérique bénéficiant des atouts de la blockchain (traçabilité, inviolabilité, etc), mais dont le cours serait invariablement égal à l’euro. Une sorte de « stable coin » institutionnel.

La Banque de France expérimente depuis mai 2020 l’usage d’un euro numérique. De son côté, la Banque Centrale Européenne a interrogé le grand public sur l’intérêt d’une telle monnaie MDBC. 

« Nous avons eu plus de 8 200 réponses à cette consultation » explique Thierry Bedoin, DGSI de la Banque de France. « L’intérêt pour une cryptomonnaie utilisable dans la vie de tous les jours est fort. Ils insistent sur la nécessité d’intégrer cette monnaie dans les circuits financiers mais aussi sur la privacy – sécurité des données manipulées ».

En parallèle, un appel à projets été lancé par la Banque de France en 2020, et neuf expérimentations d’usage d’une MDBC ont été retenues, dont certains avec la Suisse, la Tunisie et Singapour. Les premiers résultats de l’expérimentation d’un paiement de titres sur l’équivalent de 100 millions d’euros en Ethereum seront prochainement publiés

De nombreuses expérimentations sur la monnaie numérique et la blockchain 

« 86% des Banques Centrales mènent des études ou expérimentations sur la monnaie numérique et la blockchain » insiste Thierry Bedoin. Une tendance qu’appuie la Banque Mondiale : « habituellement, les régulateurs sont en conflit avec l’innovation. Aujourd’hui, j’ai eu l’impression que les régulateurs étaient en faveur de l’innovation » note Ousseynou Nakoulima, qui représentait la Banque Mondiale lors de cette conférence digitale. 

Selon Hubert de Vauplane, Avocat Associé de Kramer Levin Paris, il s’est même produit une réelle prise de conscience de la part des banques centrales sur ces nouveaux phénomènes monétaires : « une MDBC est nécessaire afin que l’on puisse effectuer des conversions directes des cryptomonnaies vers cet euro numérique, sans avoir à transiter par une monnaie fiduciaire ».

La perspective d’une MDBC à l’échelle européenne paraît souhaitable.

En opérant selon des modèles conformes au Web 3.0, la monnaie unique devrait pouvoir bénéficier de la révolution apportée par la blockchain, tant en termes de sécurité que de la capacité à rendre chaque transaction unique et infalsifiable.

Et pourtant... La BCE s’est donnée un horizon de 5 ans pour élaborer l’euro numérique. A l’ère des cryptomonnaies, une telle échéance s’apparente à une éternité. Faut-il rappeler que certaines des cryptomonnaies les plus cotées actuellement, telles que le BNB de Binance, n’existaient pas il y a encore 3 ans...  Ce qui ne l’empêche pas d’être dans le Top 5 des cryptos ! 

Pour les banques centrales, cette ouverture à l’innovation est donc salutaire. Une accélération du rythme serait toutefois plus en phase avec l’univers bouillonnant qu’est celui de la finance décentralisée. 

 


Monnaie Numérique, Tokenisation des actifs…La Finance Face à la Révolution Blockchain

Pour visionner le replay de cette conférence, cliquez ici !